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L'espace Phenicien






  

Les Pheniciens. Aux origines du Liban...


Qui sont les Pheniciens ?

Une certitude rassemble tous les historiens : les Pheniciens sont un peuple de navigateurs et de commercants. Entre admiration et jalousie, eloge et critique, ce peuple fut reconnu comme pacifiste, motive par les echanges et l'appat du gain, sillonnant le monde a la recherche des matieres premieres necessaires a son artisanat.

Pourtant, l'histoire de ce peuple de l'Antiquite reste un peu enigmatique. Jusqu'a nos jours les gens sont partages entre son histoire reelle et les mythes qui s'y rapportent. Une question s'impose : Qui sont ces Pheniciens ? D'ou venaient-ils ? Pourquoi les nommerent on ainsi ? Trouvons nous toujours des Pheniciens de nos jours, qu'est-il advenu de ce peuple ? Plein de questions se bousculent dans nos tetes.


Les origines des pheniciens appartiennent a l'archeologie autant qu'a la legende et a la mythologie. Ce peuple courageux, installe sur les cotes de l'actuel Liban, affirma ses qualites de marins au cours du II° millenaire avant notre ere et entreprit la conquete des mers du monde entre le XIII° et le IX° siecle av. J.C..

Leur poursuite du soleil poussa certains a croire a un lien particulier les reliant a la legende du Phenix, l'oiseau mythique qui cherche a atteindre le soleil, se brule les ailes et renait de ses cendres. Comme le phenix, ils ont sillonnes les mers a la recherche des richesses et le soleil brula leurs peaux devenues rouges sans pour autant ralentir leur amour du large. Mais qui etaient en realite ces hommes nommes aussi hommes rouges ? Plusieurs theories furent presentees et defendues, chacune essayant d'expliquer, par ses propres arguments, l'origine de cette appellation. Nous exposons quelques unes d'entre elles.

Certains historiens precisent qu'on reserve en general le nom de Pheniciens au peuple qui habitait la cote de l'actuel Liban a l'age de fer, entre les invasions dites des Peuples de la Mer qui ont bouleverse la region vers 1180 av. J.C., et sa conquete par les armees d'Alexandre en 332 av.J.C.. C'est en effet la periode durant laquelle les habitants de la cote furent connus sous le nom de Pheniciens dans les sources grecques.

Les Grecs leur ont donne ce nom (du grec phoinix), les designant soit par rapport a la teinture de pourpre, dont les artisans pheniciens s'etaient fait une sorte de specialite, soit pour la couleur de leur peau qui leur auraient paru cuivree.

Une autre theorie, moins repandue et assez controversee, evoque la tradition legendaire (II° millenaire av. J.C.), d'un peuple originaire du fond de l'Arabie, qui s'appelait lui meme le peuple rouge : les Himyarites, venu s'installer sur l'etroite bande de terre entre la Mediterranee et les monts du Liban.

On retrouve en effet, dans Himyars, Himyarites, la racine H.M.R qui exprime encore de nos jours, en arabe, la couleur rouge. Ils auraient donne aussi leur nom a la mer Rouge qu'ils frequentaient et qu'ils ont du longer dans leur longue migration vers l'ouest. Leur langue (appelee aussi sudarabique ancien) et leur ecriture monumentale semblent avoir certains rapports avec les alphabets phenicien et arabe.

Leur royaume fut designe par les Egyptiens sous le nom de Pays de Poun. Poun, Pouaniti, Poeni et Puni sont les memes mots pour designer aussi bien les Pheniciens que, par la suite, les Puniques de Carthage. Les Himyars ont d'ailleurs ete les precurseurs des Pheniciens en organisant deja - avant de venir s'installer sur le littoral du Liban - le commerce maritime avec l'Inde, l'Arabie et l'Afrique, en decouvrant le fabuleux royaume d'Ophir que l'on n'a jamais reussi a identifier, en construisant des maisons tout en hauteur avec de nombreux etages, comme le seront plus tard celles de Tyr.

Le pays ou ils se fixerent, ce passage entre la mer et les monts du Liban, etait deja peuple par des tribus sedentaires cananeennes. Ces derniers excellaient dans l'art de l'agriculture, la Bible nous fait rever parfois par ses descriptions du pays de Canaan, pays qui comprenait la plupart des hautes et basses plaines fertiles du Liban d'aujourd'hui. Une race nouvelle se forgea alors, peu a peu, et crea, en differents points de la cote, des cites tres actives, veritables traits d'union entre le commerce maritime et l'exploitation agricole. Un nouveau peuple, aux caracteristiques propres, heritier de l'esprit d'entreprise des Himyarites et de la solidite des rudes agriculteurs cananeens, etait ne : les Pheniciens.

Cette hypothese rejoint les idees avancees par certains auteurs anciens tel Strabon, qui s'est servi des informations apportees par Androsthenes, l'explorateur d'Alexandre le grand, pour dire que les Pheniciens seraient originaires du Golfe. Justin ecrit de son cote que les Pheniciens furent forces de quitter leur territoire a  cause d'un tremblement de terre et de s'installer pour quelque temps ad Syriam stagnum (peut-etre la mer Morte) avant de fonder leurs villes sur la cote. Herodote, lors de sa visite a Tyr vers 450 av. J.C., apprit que la fondation de la ville remontait a 2300 ans en arriere donc vers 2750 avant notre ere, et il affirma que ses habitants etaient arrives de la mer d'Erythree (qui pour les anciens correspondait a la mer Rouge, au Golfe et a une partie de l'ocean Indien).

Malgre ces multiples explications, une chose est sure, les habitants de la cote tenaient a leur autonomie, se definissant par leur appartenance a leur cite : Tyriens (Tyr), Sidoniens (Sidon), Giblites (Gebal / Byblos), ... Ce sont les sources etrangeres qui les unifierent et les denommerent Canaaneens (La Bible) et puis Pheniciens (Sources grecques).

http://www.pheniciens.com/


L'Alphabet Phenicien

L'alphabet phenicien est compose de 22 lettres (des consonnes). Il s'ecrit, comme l'arabe et l'hebreu, de droite a gauche. Son mystere fut perce en 1758 par l'abbe Barthelemy, un lettre du siecle des lumieres, qui s'appuya pour le dechiffrement sur l'etude des textes bilingues (inscriptions greco-pheniciennes de Malte) ainsi que sur les legendes notees sur les monnaies tyriennes. Il essaya de reperer en premier les noms propres, pour identifier les premiers caracteres. Il supposa que la langue phenicienne ressemble a l'hebreu et partant du principe que cet alphabet comporte 22 lettres, il ne nota que les consonnes et identifia celles qui notent les noms propres (Tyr, Melqart,.). Il identifia quelques mots simples et fit la comparaison avec la version grecque qui lui permit enfin de dechiffrer l'ensemble du texte et distinguer toutes les lettres pheniciennes.

Ce qui a ete le plus difficile dans le dechiffrement de l'alphabet phenicien c'etait le manque de textes, reduits a quelques inscriptions royales, dedicaces aux dieux et textes funeraires trouves sur des monuments, graves sur la pierre pour l'eternite.

D'autres inscriptions furent reperees ca et la sur les routes des expeditions, dans les diverses colonies fondees en Mediterranee. Ce qui aurait ete interessant a consulter ce sont les correspondances, contrats ou actes commerciaux (supports perissables avec le temps) qui etaient le motif principal pour le developpement de l'alphabet et son moteur d'expansion a travers le monde antique. Certains disaient meme que le mobile qui animait les Pheniciens etait le cote pratique et utilitaire que leur offrait cet alphabet ainsi que les services qu'il pouvait rendre aux industriels et commercants dans leurs comptes et contacts.

Parmi les textes les plus celebres, l'inscription a la memoire d'Ahiram roi de Byblos, gravee en l'an 1000 par son fils sur un sarcophage reutilise, est consideree comme la premiere veritable inscription phenicienne. Elle emploie 19 lettres sur les 22 de l'alphabet et presente des traits de separation entre les mots.

Certaines ecritures, a caractere egalement royal, remontent a l'epoque perse quand Sidon devint la cite dominante de la cote phenicienne. Ses rois firent graver de grandes dedicaces aux dieux de la cite et inscrivirent sur leur tombes des avertissements a l'encontre des voleurs. L'inscription funeraire sur le sarcophage du roi Echmounazor reste une des plus evocatrices. Cependant, l'alphabet utilise a Sidon presentait des signes plus evolues que ceux sur le sarcophage d'Ahiram de Byblos quelques siecles plus tot. L'usage de battre la monnaie, qui apparut aussi a cette epoque, donna l'occasion d'inscrire le monogramme du roi ou le nom de la cite.

L'alphabet phenicien, Avec l'arrivee d'Alexandre, est supplante par le grec comme langue ecrite. De rares inscriptions temoignent cependant de la persistance de l'usage du phenicien jusqu'a la fin du I millenaire. Les Pheniciens continuerent jusqu'aux II-III siecles, par souci identitaire, a graver en phenicien le nom de leurs cites sur leurs monnaies.


L'art phenicien

L'art phenicien est connu pour etre un art composite base sur des donnees elles-memes cosmopolites. Son originalite est, loin d'etre unique et novateur, celle d'un art varie, populaire et propagandiste. Il est surtout la resultante d'un complexus d'influences dans une contree placee au carrefour du monde antique, soumise a de multiples presences etrangeres et frequentee par des civilisations diverses.

Il a souvent ete reproche aux Pheniciens leur tendance a l'imitation et la contrefacon. Ils ont ete accuses, a tort ou a raison, de copier sur leurs voisins et de manquer de creativite personnelle. Conteneau, dans son livre 'La civilisation phenicienne', divisait l'art phenicien en deux epoques : l'une qui va des origines au debut du I millenaire av.J.C. pendant laquelle l'art phenicien parait l'imitation et l'adaptation de celui de l'Egypte, de l'Egee et des pays etrangers a la Phenicie en general ; l'autre qui comprend le I millenaire avant notre ere jusqu'a la fin de l'epoque greco-romaine, ou l'art ne se contente plus d'imiter, mais ou il coordonne, ou il assimile ses emprunts pour en faire un tout homogene.

L'originalite de l'art phenicien est d'avoir adapte les diverses tendances artistiques de l'epoque en les mettant au gout des commanditaires. La grande innovation est d'avoir rendu l'art plus proche du quotidien, a la portee de tout a chacun. L'art n'etait plus reserve a une certaine categorie sociale, il fut desormais un produit de masse vehicule par les commercants pheniciens dans toutes les regions du pourtour mediterraneen.

L'art phenicien ne fut pas reduit e un domaine precis il fut aussi vaste que varie : le travail du verre, de la ceramique, du metal, de l'ivoire, la creation de bijoux et accessoires de beaute, la fabrication de la pourpre, les monnaies, ... sans toutefois oublier le domaine de l'architecture et de l'art au service du divin et du sacre.

a- le travail du verre :

L'invention du verre divise les historiens. Certains l'attribuent aux Pheniciens, d'autres aux Egyptiens en soulignant que les Pheniciens ne furent que les simples propagateurs. Mais selon les theories les plus recentes, l'industrie du verre serait d'origine mesopotamienne. De la Mesopotamie elle serait passee en Egypte pour refluer a nouveau vers les centres de la cote levantine, suivant un processus lie aux variations historiques et politiques.

L'historien Pline racontait une anecdote evoquant la decouverte du verre par les Pheniciens. Il disait qu'au sud de Tyr, un bateau phenicien fut amarre. Les marins descendirent sur la cote et se servirent de moellons de nitrate de potassium afin de proteger leur feu. Apres l'operation ils s'apercurent que le nitrate s'etait dissout et amalgame avec le sable fin de la plage. L'ensemble fut d'un effet remarquable de couleur, de forme et d'aspect. Ce fut la premiere revelation du verre.

Entre la part de la science et celle de la legende on se resume a dire que le verre fabrique et propage par les Pheniciens se teintait de couleurs riches et panachees epousant des formes variees suivant l'usage auquel il etait destine. Pour l'usage courant de la vie quotidienne on retrouve les coupes, les flacons et fioles a onguent tandis que pour l'usage de luxe on fabriquait les perles de verre et les pendentifs pour la bijouterie.

Si les Pheniciens se sont contentes d'assurer la continuite dans la fabrication du verre en general, ils ont ete par contre les inventeurs du verre souffle qui fut longtemps la specialite des Sidoniens et qui s'est repandu tout au long de la route commerciale reliant, grace aux courants marins, la Phenicie a toutes les contrees du monde antique.

b- le travail de la ceramique :

L'etude de la ceramique phenicienne n'a pas eu le meme interet que celui dont a pu beneficier la ceramique grecque. Cela etant du surtout a sa nature et a sa physionomie qui ne peuvaient rivaliser avec l'esthetique de la production grecque beaucoup plus attrayante.

La ceramique des cites pheniciennes derivait directement de la poterie syro-palestinienne de la fin de l'age du bronze. Elle avait un usage multiple, domestique, commercial et funeraire. Elle etait partagee en deux formes classiques, les formes ouvertes et les formes fermees.

La fonction des vases etait liee a leur forme, les vases ouverts tels que les assiettes servant a la nourriture, les vases fermes, telles les amphores, pouvant etre obtures, ont ete destines a la conservation ou au transport des denrees (le ble, le vin, l'huile, ...). Les cruches a boire ou a verser des liquides se distinguaient par une levre coupee a angle droit. On remarque egalement la cruche dotee d'un long bec lateral rattache a la panse, a la base duquel se trouve un filtre. Certains vases pouvaient avoir un usage funeraire, les amphores etaient souvent utilisees, dans les tombes, comme receptacles a incinerations, parfois fermees par des assiettes servant de couvercle.

Les vases produits en Phenicie subissaient l'influence des modeles originaires des centres voisins (Samarie ou Chypre). On observe egalement la presence de vases importes ou imites, de provenance ou d'inspiration plus occidentale : de Grece, de Sicile ou des territoires ou s'etaient installes les Pheniciens, comme la Sardaigne et la peninsule iberique.

Poteries phÃÆ’©niciennes

c- les fabrications artisanales :

Quoi de plus attrayant que les bijoux, quoi de plus leger a transporter et surtout quoi de plus rentable comme produit ? Les Pheniciens ont realise assez tot l'impact de ce commerce et ils ont travaille pour son expansion. En ce qui concerne les materiaux en usage, l'or, qui se conserve le mieux, a ete le plus frequemment exploite. L'argent etait bien moins utilise du fait de son alteration avec le temps. Le bronze, les pierres precieuses ainsi que le verre furent souvent utilises dans la composition des bijoux.

Les motifs de decoration etaient surtout inspires du style egyptien, le plus reconnu a cette epoque et le plus recherche. Une preference etait accordee aux motifs vegetaux telle la fleur de lotus, la rosette ainsi que les motifs animaliers comme le scarabee, le faucon, le sphinx et le lion.


Bijoux & Accessoires

Parmi les bijoux caracteristiques de la production phenicienne on retrouve les boucles d'oreilles en or en forme de croissant ou du disque solaire, les bracelets, les bagues et les colliers ornes de perles en verre et de pendentifs varies.


Pour le travail du bronze et celui de l'ivoire, les Pheniciens ont excelle dans leur production, sachant que la matiere premiere necessaire a ces deux industries etait recherchee dans les contrees lointaines. L'ivoire venait de l'Inde par la Chaldee, de l'Arabie et de l'Egypte. Pour le bronze, qui est un alliage d'etain et de cuivre, les Pheniciens cherchaient le cuivre d'Espagne et l'etain d'Angleterre, l'ile de Malte et celle de Chypre servaient d'entrepots.

Armures dÃÆ’©corÃÆ’©es

La production phenicienne fut repandue dans toutes les contrees de l'epoque, c'etait l'art au service du beau mais egalement au service des echanges et un moyen d'enrichissement pour les marins-commercants qui sillonnaient les mers a la recherche de nouveaux marches. Ces produits etaient souvent convoites par les conquerants avides des richesses de la cote qui remplissaient leur palais de butins de guerre.

Dans un esprit motive par le commerce et les echanges, les artisans pheniciens ont mis leur travail au service d'un art expansif et transportable d'ou l'apparition de ces arts mineurs appeles par les Grecs athyumata. La majorite des articles produits avaient une double valeur, utilitaire et artistique.

L'industrie de la pourpre et la fabrication des textiles de grande qualite suscita l'envie et l'engouement de tous les acheteurs qui attendaient l'arrivee des navires pheniciens. Porter des vetements couleur pourpre reste, jusqu'a nos jours, relier a une categorie sociale privilegiee. Malheureusement, l'effet du temps ne permettant aucune conservation dans ce domaine, les seules traces qui nous sont parvenues sont reduites aux ecrits des auteurs anciens.

d- l'urbanisme et l'architecture :

Nous pouvons dire que la nature a ete pour beaucoup dans le choix d'urbanisation chez les Pheniciens. La plupart des cites etaient construites sur des promontoires ou sur des ilots, a faible distance de la cote, au bord d'un plan d'eau peu profond ou d'une lagune permettant aux bateaux de l'epoque d'amarrer facilement. Ce type d'implantation offrait aux embarcations les meilleures conditions d'abri possibles et ameliorait le systeme de defense puisque les ilots sont moins faciles a attaquer que les positionnements en terre ferme et les promontoires representaient des sites naturellement bien proteges pouvant recevoir une construction fortifiee.

L'organisation de l'habitat phenicien au sein de la cite presentait une morphologie constante. Le noyau central etait constitue d'une acropole entouree de murs avec, tout autour, des quartiers residentiels, des edifices cultuels, des locaux destines aux activites commerciales et industrielles.

Les sanctuaires se trouvaient, dans certains des cas, dans une partie reservee de la ville (temple d'Echmoun, Bostan ech-cheikh, a Sidon) qui devenait ainsi un quartier sacre. Les sepultures etaient egalement installees a l'exterieur des quartiers d'habitation. Les tombes etaient soit a fosse, soit a puits (tombes royales a Byblos) ou a dromos c'est - a - dire avec un corridor a rampe inclinee qui mene a la tombe.

Il faut savoir que les precisions dans ce domaine restent hesitantes vu que la recherche archeologique a toujours ete entravee par la superposition des installations anciennes et modernes. C'est surtout grace a la documentation archeologique des contrees voisines que les historiens ont pu reconstituer le cadre de vie des Pheniciens. Les representations assyriennes (le relief du palais de Sennacherib) apportent les temoignages concernant les constructions privees, les fameuses maisons a  etages, les portes d'entrees flanquees de colonnes et les fenetres a  balustrades.

Mais, si nous connaissons peu de chose sur l'architecture propre a la Phenicie et aux installations citadines nous ne pouvons oublier l'une des plus imposantes realisations de l'architecture phenicienne, le Temple de Salomon a Jerusalem, qui fut edifie par des ouvriers de Tyr.

En  complement a l'urbanisme et a l'architecture nous pouvons citer egalement les diverses constructions en pierre comme les steles, les reliefs, les statuaires ainsi que les sarcophages (les plus celebres sont celui d'Ahiram roi de Byblos et celui d'Echmounazor roi de Sidon) qui subirent l'influence egyptienne et, quelques siecles plus tard, l'inspiration artistique grecque.

 

http://www.pheniciens.com/articles/art_phenicien.htm

Sarcophage du Lycien


La Navigation Phenicienne.

  Pour mener avec succes la navigation et le commerce, il fallait aux Pheniciens la conjonction de trois facteurs : un bon usage des iles, un bon usage des courants maritimes et de bons bateaux. Au tout debut, la decouverte de la mer s'est faite par petites etapes, en appliquant le principe du petit cabotage. Ce systeme de navigation s'effectuait a proximite de la facade maritime, en vue des cotes, reliant deux ports de moins de 25 a 30 milles marins. De ce fait, les marins utilisaient des embarcations de moindre tonnage, en fonction de la distance a couvrir et de la charge a transporter.

Afin de pouvoir elargir leur champ de navigation, les marins pheniciens ont commence par s'approcher des iles qui etaient a mi-chemin entre leurs cites et les autres regions du monde antique. La Mediterranee offrait cette possibilite : dans le bassin oriental, les continents (Europe, Asie et Afrique) sont relies les uns aux autres par des iles qui morcelent l'espace et raccourcissent les etapes tout particulierement dans la moitie nord d'ou la navigation vers l'Ouest se faisait par Chypre, la cote d'Asie Mineure, la Crete et les iles de la mer Egee. On raconte que Cadmos, parti a la recherche de sa soeur Europe enlevee par Zeus, suivit ce meme parcours.

Au-dela des iles grecques les etapes devinrent plus longues. Les marins appliquerent alors le systeme de navigation au long cours, elle se faisait a une distance beaucoup plus grande des cotes mais en gardant autant que possible la terre en vue. Pendant la nuit, quand l'itineraire ne permettait pas de s'arreter, l'orientation du navire etait assuree par l'observation de la constellation de la Petite Ourse, connue dans le monde antique sous le nom d'Etoile phenicienne. Les navigateurs effectuaient des escales, indispensables a  l'approvisionnement en vivres et aux reparations eventuelles.

Les bateaux pheniciens etaient de divers types et naviguaient a la voile carree. La rame etait reservee aux manoeuvres complementaires : entrees et sorties des ports, virements de bords, abordages. Les navires de transport, utilises pour les activites commerciales, furent appeles gauloi (ronds) par les Grecs, en raison de la rondeur de leur coque. Leur capacite de charge etait tres grande et leurs dimensions correspondaient a environ 20-30 metres de long et 6-7 metres de large. La poupe etait arrondie et se terminait par un ornement en queue de poisson ou en volute. La proue, elle aussi curviligne, etait decoree d'une frise zoomorphe (tete de cheval ou d'hippocampe). Sur le flanc de la proue etaient representes deux yeux qui avaient une double valeur symbolique : rendre la route visible et intimider les ennemis.

La propulsion de ces navires etait assuree par un grand mat, qui soutenait une voile fixee par une vergue et orientee en fonction de la direction du vent. La conduite dependait d'un gouvernail constitue d'une rame a grandes pales asymetriques, disposee a gauche, a proximite de la poupe. Sur le pont se trouvait l'abri de l'equipage (vingt hommes) et la cuisine de bord.

Quant aux navires de guerre, ils etaient plus etroits que les navires de commerce. La poupe etait semblable a celle des navires de commerce tandis que la proue en differait sensiblement. Elle formait la partie la plus importante du navire et constituait une arme offensive pour le combat. A l'extremite se trouvait l'eperon ou rostre, pointe de bronze qui servait a briser les flancs des navires ennemis. La propulsion des navires de guerre etait plus complexe, car il etait indispensable, au cours de la bataille, d'evoluer et de changer de cap brusquement afin de frapper l'ennemi avec le rostre, en evitant soi-meme les coups portes par les navires adverses. Pour cette raison, deux mats se dressaient sur le pont : celui du centre portait la grand-voile et un autre, situe a la proue, portait une petite voile et permettait de piloter le navire meme avec des vents transversaux.

Le navire phenicien le plus ancien et le plus elementaire etait la pentecontore. Elle avait une longueur d'environ 25 metres, un equipage de 50 rameurs (egalement repartis des deux cotes), auquel il faut ajouter le commandant, le second, le pilote ainsi que les hommes qui manoeuvraient les voiles et dont le nombre ne depassait pas dix. Mais le navire le plus celebre reste la trireme, maitresse incontestee de la Mediterranee entre le VII et le IV siecle av.J.C.. Ce navire pouvait recevoir un equipage d'environ 180 hommes. Les navires qui suivirent, la quadrireme et la quinquereme, furent construits par les chantiers navals de Carthage. Les equipages de ces navires etaient respectivement de 240 et de 300 hommes, affectes a 30 rames de chaque cote, plus les marins charger de manoeuvrer les voiles. La vitesse maximale que l'on pouvait atteindre, grace a l'usage simultane de deux modes de propulsion - voile et rame - et seulement sur des petits parcours, etait de 5 a 6 noeuds.

http://www.pheniciens.com/articles/expansion.htm


 

LA PENSEE PHENICIENNE

Les idees menent le monde

a. La vie intellectuelle des Pheniciens

Les Pheniciens étaient un peuple pratique. Ils furent certes d'excellents commercants, des navigateurs remarquables et des artisans habiles. Meme l'alphabet, dont ils sont pourtant les inventeurs, ne fut pour eux qu'un instrument pratique pour ecrire et calculer.

Ce peuple joua quand meme un role important dans l'histoire de l'architecture et de l'art, des mathematiques et des sciences, dans la jurisprudence, la navigation, la medecine. Tout cela suppose tout de meme l'existence d'un sens intellectuel tres riche et d'une tradition culturelle fort ancienne.

Les grandes ville pheniciennes possedaient des bibliotheques importantes Au Liban :

1. Bibliotheque d'Ugarit

2. Bibliotheque de Sidon

3. Bibliotheque de Tyr

4. Bibliotheque de Carthage

5. Bibliotheque de Beyrouth

 

b. Les idees pheniciennes sur l'existence

1. Les dieux et la mythologie

2. Creer Dieu a son image

3. Emprise de la religion sur la socite phenicienne

4. La Terre, mere des hommes.

5. Commandements des dieux et niveau moral

6. La paix avec les dieux

7. Une religion ou l'homme est immortel

 

Frère Ile DEFONSE SARKIS, 1980, LES PHENICIENS Panorama d'une civilisation, Beyrouth - Liban, Editions Joquart.


 

 

 

 

 



Ainsi, ce petit peuple qui tint une si petite place sur la carte a su offrir au monde la plus belle des inventions. A l'heure ou le monde se rejouit du progres technique et du developpement des moyens de communication avec Internet, nous pouvons dire, sans trop de pretentions, que le principe d'echange et de partage avait deja anime l'esprit des Pheniciens voila III millenaires.